Paulette Matray Sénatrice de Saône-et-Loire

ClimatRisques

Incendies : solidarité avec le Sud-Ouest, vigilance en Saône-et-Loire

Hommage aux sapeurs-pompiers tombés en Gironde et dans les Landes, fierté pour les seize pompiers de Saône-et-Loire partis en renfort, et rappel des gestes simples qui évitent la plupart des départs de feu.

Vue aérienne d’un épais panache de fumée au-dessus de la forêt landaise, lors de l’incendie de Landiras en Gironde

Les drames humains et les images qui nous parviennent de Gironde et des Landes serrent le cœur.

Des dizaines de milliers d’hectares partis en fumée, des centaines de milliers d’habitants évacués, et des sapeurs-pompiers qui, jour et nuit, se sont dressés contre les flammes dans des conditions d’une violence inouïe. Certains d’entre eux ne sont pas rentrés : ils ont donné leur vie pour protéger la nôtre, celle de nos concitoyens, de nos forêts, de nos villages. Face à ce sacrifice, les mots paraissent toujours en deçà. Le Sud-Ouest traverse l’un des étés les plus dévastateurs depuis un demi-siècle, et je veux d’abord m’incliner devant la mémoire des sapeurs-pompiers disparus, dire à leurs familles et à leurs frères d’armes toute mon émotion, et assurer les populations sinistrées, les élus locaux et l’ensemble des secours mobilisés de mon entière solidarité.

Nos pompiers de Saône-et-Loire en renfort

Je veux aussi avoir une pensée particulière pour nos sapeurs-pompiers de Saône-et-Loire aujourd'hui projetés hors de notre département. La semaine dernière, seize d'entre eux, partis de Digoin, de Mâcon, du Creusot, de Montceau, de Paray-le-Monial, de Louhans ou encore de Sennecey-le-Grand, ont pris la route de la Gironde pour prêter main-forte à un territoire submergé par les flammes. Ils y assurent, aux côtés de collègues de Côte-d'Or et de Haute-Marne, la continuité des secours quotidiens pendant que les pompiers girondins luttent sur le front des incendies. À ces femmes et ces hommes, comme à leurs familles, je veux dire toute ma gratitude et toute ma fierté.

Chez nous aussi, le feu frappe

Il serait dangereux de croire que ce fléau ne concerne que les grands massifs du littoral atlantique. Chez nous aussi, en Saône-et-Loire, le feu frappe. Depuis la mi-juin, plus de 400 hectares d'espaces naturels ont déjà brûlé dans notre département, et l'incendie d'Ozolles, dans le Charolais, a ravagé à lui seul plus de cent hectares le 13 juillet dernier : c'est, selon le SDIS 71, le sinistre le plus important que notre territoire ait connu depuis au moins quarante ans. Nos forêts du Charolais et du Morvan, nos haies, nos prairies desséchées par la sécheresse et la canicule ne sont plus à l'abri. Le préfet a d'ailleurs placé l'ensemble du département en risque sévère, avec des restrictions que je vous invite à respecter scrupuleusement.

Les bons réflexes

Ce danger, pourtant, n'a rien d'une fatalité. Neuf feux sur dix sont d'origine humaine, et la moitié d'entre eux naissent d'une simple imprudence. Autrement dit, l'essentiel de ces départs de feu pourrait être évité par quelques gestes de bon sens que chacune et chacun d'entre nous peut adopter au quotidien.

Un mégot jeté par la fenêtre d'une voiture, des déchets verts brûlés au fond du jardin plutôt que déposés en déchèterie, un barbecue installé trop près des broussailles, des travaux de bricolage menés sans précaution à proximité d'une végétation sèche : autant de situations anodines en apparence, mais qui suffisent, par temps chaud et venteux, à déclencher un sinistre. Débroussailler les abords de son habitation, éloigner de sa maison le stockage du bois et du gaz, respecter les périodes d'interdiction de brûlage et les restrictions préfectorales en vigueur sont autant de réflexes simples qui protègent nos biens, nos voisins et celles et ceux qui interviennent pour nous porter secours.

Si vous êtes témoin d'un départ de feu, ne restez jamais seul face au danger : appelez immédiatement le 18 ou le 112 et efforcez-vous de localiser le sinistre le plus précisément possible. Chaque minute compte.

Le risque incendie gagne nos campagnes, et il nous oblige à repenser autant la prévention que les moyens donnés à notre sécurité civile et à nos sapeurs-pompiers. Ces questions, je les porte avec constance au Sénat, car elles engagent directement la protection de nos concitoyens et de nos territoires ruraux.

Photo : incendie de Landiras (Gironde), juillet 2022. JohnNewton8, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Par

Partager : Facebook WhatsApp E-mail

Autres actualités

Toutes les actualités
Incendie de nuit dans le Morvan : de hautes flammes orange et un panache de fumée s’élèvent derrière une colline

ClimatRisques

Notre Morvan brûle !

Plus de 200 sapeurs-pompiers luttent contre l’incendie de La Grande-Verrière, où plus de 80 hectares ont déjà brûlé. Paulette Matray leur apporte son soutien et appelle à doter enfin la sécurité civile de moyens souverains.

La Grande-Verrière