Paulette Matray Sénatrice de Saône-et-Loire

RisquesSécurité Mâcon

Violences du 17 octobre : les communes ne doivent pas payer seules les dégâts des casseurs.

Les casseurs ne sont pas les manifestants. La réponse doit être républicaine : la fermeté de la justice, et plus de services publics, pas moins.

Paulette Matray s’exprime au micro, derrière un pupitre, lors d’une inauguration en plein air

À Mâcon, un centre social a été incendié dans la nuit de samedi à dimanche, en marge de la mobilisation nationale du 17 octobre. Partout en France, les équipements publics ont payé un lourd tribut.

La sénatrice socialiste Paulette Matray, ancienne assistante sociale du Département de Saône-et-Loire, appelle l’État à soutenir les communes touchées.

Aux Blanchettes et à Saint-Clément, quartiers sud de Mâcon, la nuit de samedi à dimanche a été émaillée d’un incendie et de tirs de mortiers d’artifice, pompiers et policiers essuyant des jets de pierres. Au matin, la ville comptait un centre social incendié, des poubelles et des véhicules brûlés et des abris de bus détruits. La municipalité a annoncé porter plainte.

Pas un fait isolé

Ce n’est pas un fait isolé en Saône-et-Loire. Fin septembre, le centre social de La Chanaye, dans la même ville, avait déjà perdu 80 mètres carrés dans un incendie. Début octobre, en marge de la mobilisation lycéenne, le préfet dénonçait un regain de violences, avec 22 interpellations dans le département et un policier blessé à Montceau-les-Mines.

À l’échelle nationale, le bilan de la journée du 17 octobre est sans précédent récent. Environ 550 000 personnes ont défilé dans 110 cortèges contre la vie chère. Dimanche matin, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, faisait état de 1 800 interpellations et de plus de 500 policiers, gendarmes et pompiers blessés, la Sécurité civile recensant plus de 1 500 incendies sur la voie publique et une soixantaine de bâtiments incendiés. Des mairies ont été envahies à Marseille, Lille ou Angers, celle de Limoges a été ravagée par les flammes.

« Un centre social, une mairie, une école ne sont pas des bâtiments comme les autres. Les incendier, c’est frapper d’abord les habitants les plus modestes, ceux pour qui le service public de proximité est souvent le dernier recours. »

Paulette Matray, qui a exercé comme assistante sociale au Département, connaît de l’intérieur le rôle de ces structures. Elle demande que les auteurs soient « rapidement identifiés, interpellés et jugés ».

L’élue insiste aussi sur la distinction entre violences et mobilisation :

« Les casseurs trahissent les centaines de milliers de manifestants qui se mobilisent pacifiquement contre la vie chère et pour leur dignité. Confondre les uns et les autres serait une faute. »

Les communes ne doivent pas payer seules

Reste la question de la reconstruction, qui pèse d’abord sur les communes. Après les émeutes de l’été 2023, plus de 2 500 bâtiments avaient été incendiés ou dégradés, pour un coût estimé à un milliard d’euros, et de nombreuses collectivités peinent depuis à s’assurer, ce que vise à corriger sa proposition de loi sur la mutualisation publique des risques des collectivités. Mâcon en est l’illustration, son maire ayant rappelé en janvier 2025 que la ville n’était pas assurée et devait assumer seule ses dégâts. Paulette Matray annonce qu’elle saisira le Gouvernement pour que l’État accompagne « sans délai » les communes sinistrées, un sujet qu’elle entend porter lors de l’examen au Sénat du budget 2027, qui prévoit justement d’accroître la contribution des collectivités.

La sénatrice conclut :

« Céder du terrain serait donner raison aux casseurs. La réponse à la violence ne peut être que républicaine, par la fermeté de la justice et par une présence renforcée des services publics là où certains voudraient les faire reculer. »

Par

Partager : Facebook WhatsApp E-mail

Autres actualités

Toutes les actualités
Paulette Matray, l’air grave, écoute des lycéens sur une place pavée de Chalon-sur-Saône

ÉcoleSécurité

Lycéens chalonnais mobilisés : j’ai saisi le préfet

Après des interpellations et l’usage de gaz contre des lycéens mobilisés à Chalon-sur-Saône, Paulette Matray a saisi le préfet et propose une concertation entre l’État, l’Éducation nationale, les syndicats, les lycéens et les élus.

Chalon-sur-Saône