Lycéens chalonnais mobilisés : j’ai saisi le préfet
Après des interpellations et l’usage de gaz contre des lycéens mobilisés à Chalon-sur-Saône, Paulette Matray a saisi le préfet et propose une concertation entre l’État, l’Éducation nationale, les syndicats, les lycéens et les élus.

Ces derniers jours, des centaines de lycéens chalonnais sont descendus dans la rue pour réclamer ce qui devrait aller de soi, des professeurs devant chaque classe, des effectifs raisonnables, des bâtiments dignes et une scolarité qui ne se vive pas dans l’angoisse de Parcoursup.
Leur mobilisation est légitime, et dans sa très grande majorité elle a été pacifique.
J’ai rencontré une partie de ces manifestants ce matin.
L’un de ces jeunes m’a raconté comment l’un de ses camarades, qui tenait le mégaphone, donnait les consignes et s’efforçait de garder le cortège groupé et calme, a pourtant été interpellé, et comment son mégaphone a été détruit.
Plusieurs témoignages font aussi état de lycéens gazés devant le lycée Jeannette Guyot alors qu’ils attendaient simplement leurs camarades, sans qu’aucune sommation n’ait été prononcée.
Je ne peux pas accepter que des adolescents qui exercent un droit fondamental soient traités de cette manière, ni que l’on vise ceux qui encadrent une manifestation plutôt que ceux qui la débordent. Les violences commises en marge des cortèges doivent être sanctionnées, sans ambiguïté.
Mais l’ordre public se maintient aussi par le discernement, la proportionnalité et le respect des règles, à commencer par des sommations audibles et le port par chaque agent de son numéro d’identification.
J’ai donc saisi le préfet de Saône-et-Loire. Je lui demande des explications précises sur l’usage de la force, les sommations et les interpellations. Je lui propose aussi, si la mobilisation se poursuit, une concertation réunissant l’État, l’Éducation nationale, les organisations syndicales, les représentants lycéens et les élus.
Je veux enfin remercier la CGT et la FSU, présentes aux côtés des jeunes pour apaiser les tensions et maintenir le dialogue. Cette jeunesse qui s’engage mérite d’être écoutée et protégée.
Par Paulette Matray


