Faciliter, accompagner, outiller : libérer l’énergie des territoires
Les avis demandés aux architectes des Bâtiments de France ont bondi de 63 % en dix ans, leurs effectifs de 6 % seulement. Ce qui manque aux porteurs de projets, ce n’est jamais l’envie : c’est l’accompagnement.

Sur le terrain, je croise des maires et des propriétaires débordant d’idées pour faire renaître leur patrimoine.
Ce qui leur manque, ce n’est jamais l’envie.
C’est un accompagnement, un interlocuteur, du temps.
Des architectes des Bâtiments de France débordés
Prenons les architectes des Bâtiments de France, si souvent critiqués. La réalité, c’est qu’ils croulent sous la charge : entre 2013 et 2023, les avis qu’ils doivent rendre ont bondi de 63 %, quand leurs effectifs n’augmentaient que de 6 %.
Sur tout le pays, à peine une trentaine de missions d’accompagnement des porteurs de projet sont assurées chaque année.
Faut-il s’étonner, ensuite, que les délais explosent, que les décisions semblent imprévisibles et que les recours se multiplient ?
Le problème n’est pas l’exigence patrimoniale : c’est qu’on ne lui donne pas les moyens.
À cela s’ajoute un vrai maquis d’aides, éparpillées entre mille guichets, décourageant pour une petite commune sans service dédié. Et une conviction que je veux marteler : la subvention ne peut pas tout.
Pour un monument capable de générer des recettes, le prêt, bien accompagné, est un levier puissant que l’on n’ose pas assez utiliser.
Des savoir-faire à défendre
N’oublions jamais, enfin, ce qui se joue derrière chaque échafaudage. Restaurer, c’est faire vivre des savoir-faire rares, parfois au bord de l’extinction, comme celui des fontainiers.
Ce sont des emplois qui ne partiront jamais à l’étranger, des carrières et des tuiliers de nos régions. Notre-Dame, l’Hôtel de la Marine l’ont montré au monde entier : dans ce domaine, la France a une excellence à défendre.
Faciliter, accompagner, outiller : c’est ainsi qu’on libère l’énergie des territoires.
Photo : le prieuré d’Anzy-le-Duc. Havang(nl), CC0, via Wikimedia Commons.
Par Paulette Matray


