Paulette Matray Sénatrice de Saône-et-Loire

Patrimoine

Le patrimoine, une charge ?

Un monument devient un atout à une condition : qu’on lui donne un usage. De Baugé-en-Anjou à Chambord, les exemples de seconde vie ne manquent pas.

La cour d’honneur du château de Pierre-de-Bresse, qui abrite aujourd’hui l’écomusée de la Bresse bourguignonne

Pour moi, la question est presque mal posée. Un monument devient un atout à une condition : qu’on lui donne un usage. Et cet usage fait bien plus que payer les factures.

Un édifice qui sert, c’est un édifice que les habitants s’approprient, dont ils sont fiers, et pour lequel ils accepteront qu’on engage des moyens. L’usage crée l’adhésion, et l’adhésion crée la protection. C’est un cercle vertueux.

Les réussites ne manquent pas, bien au-delà de la seule visite. Dans le Maine-et-Loire, l’ancien tribunal de Baugé-en-Anjou a rouvert en 2025 sous la forme d’une Maison du citoyen connecté. L’abbaye des Vaux de Cernay, joyau cistercien de la vallée de Chevreuse, est devenue un hôtel. Le parc thermal des sources de Vichy se transforme en jardin communal.

Ailleurs, ce sont des salles de spectacle, des écoles de musique, des logements qui redonnent vie à des murs qui se vidaient. Certains grands domaines, comme Chambord, tirent même de leurs activités des ressources couvrant une large part de leur fonctionnement.

Une limite à poser

Je veux toutefois poser une limite honnête. Toutes les transformations ne se valent pas. Confier un ensemble patrimonial à un promoteur ou à un fonds peut revitaliser un site, mais aussi en abîmer l’âme si l’on n’y prend pas garde.

La règle doit donc rester simple : un nouvel usage, oui, à condition de respecter ce que l’histoire nous a légué, et si possible de pouvoir revenir en arrière.

Faire vivre un monument, ce n’est pas le trahir. C’est la meilleure façon de le transmettre.

Photo : le château de Pierre-de-Bresse, devenu écomusée. G CHP, CC BY 2.5, via Wikimedia Commons.

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