Nos grands monuments face à un mur d'investissement : 5 milliards d'ici 2035
Mon rapport confirme le constat de la Cour des comptes. Assez de l’urgence : planifions, entretenons, transmettons.

5 milliards d’euros.
C’est le coût cumulé des grands chantiers patrimoniaux que la France devra financer d’ici 2035, selon le rapport de la Cour des comptes. Deux fois plus que sur la décennie précédente, où l’addition dépassait à peine 2 milliards d’euros.
Le Louvre, l’Opéra Garnier, le Centre Pompidou (fermé pour cinq ans), la Cité des sciences, le château de Versailles : une quinzaine d’opérations sont déjà engagées ou à l’étude.
Et pendant que les besoins explosent, les crédits publics, eux, plafonnent. La Cour des comptes appelle cela un « effet ciseaux ».
J’ai pu vérifier ce constat sur le terrain dans le cadre de nos travaux au Sénat : notre patrimoine n’est pas un luxe qu’on entretient quand on a le temps et l’argent. C’est un bien commun qui appartient à tous les Français, dans nos territoires comme dans les grandes institutions parisiennes, et qui exige une stratégie de long terme.
Assez de la gestion dans l’urgence, chantier après chantier, sans vision d’ensemble. Il faut planifier, entretenir, transmettre. C’est une question de responsabilité envers les générations futures, et une question de choix budgétaires assumés.
En tant que sénatrice de Saône-et-Loire, je resterai vigilante sur ce sujet, avec une conviction : la sauvegarde du patrimoine ne doit pas se penser seulement à travers les grands monuments parisiens, mais aussi à travers les églises, châteaux et bâtiments patrimoniaux de nos communes rurales, souvent tout aussi menacés et bien moins médiatisés.
C’est ce dont je vous parlerai tout au long de ce mois !
Photo : la cathédrale Saint-Lazare d’Autun. Kokin, domaine public, via Wikimedia Commons.
Par Paulette Matray


