Près d’un monument sur quatre en mauvais état ou en péril
Parmi les 1 789 édifices en péril, 60 % appartiennent à des propriétaires privés et un tiers à des communes : les épaules les moins armées pour les sauver.

Près d’un monument historique sur quatre est aujourd’hui en mauvais état ou en péril. Mais la question que je veux poser est autre : à qui appartiennent ces monuments en danger ?
La réponse est édifiante. Parmi les 1 789 édifices en état de péril, 60 % appartiennent à des propriétaires privés et un tiers à des communes. Autrement dit, la quasi-totalité des monuments les plus menacés reposent sur les épaules les moins armées pour les sauver : des familles et des petits villages.
Derrière ces pourcentages, il y a des situations très concrètes. Les communes du réseau Petites Cités de caractère ont en moyenne trois édifices protégés à leur charge : imaginez ce que cela pèse dans un budget municipal modeste.
La Cour des comptes parle d’une obligation de conservation devenue difficilement soutenable. Et ce n’est pas réservé au monde rural : France Urbaine indique que la totalité de ses 106 collectivités membres a dû revoir ses plans d’investissement.
C’est pourquoi le vrai sujet n’est pas seulement de trouver de l’argent, mais de ne jamais laisser ces propriétaires seuls face à la charge. Un maire ne devrait pas avoir à choisir entre rénover son école et sauver son église.
Accompagner, mutualiser, anticiper : voilà ce qui permettra d’inverser la courbe, avant que l’irréparable ne soit commis.
Derrière chaque édifice sauvé, il y a presque toujours une commune ou une famille qu’on a su épauler à temps.
C’est le sens de la proposition de loi visant à remobiliser le bâti rural, adoptée au Sénat en juin, qui crée à titre expérimental un fonds pour les communes de moins de 1 000 habitants.
Photo : le château de Berzé-le-Châtel. DESTHIL, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Par Paulette Matray


